« Je ne peux que me résoudre à la décision des Sages.

Cependant, je m’en étonne, car j’y vois une remise en cause de la démocratie : ce sont 4000 voix d’électeurs qui sont aujourd’hui bafouées. A l’époque où l’on se plaint d’un manque d’intérêt de la population pour la chose publique, je redoute que beaucoup soient découragés, et que cela apporte de l’eau au moulin des plus blasés.

Les arguments de mon détracteur ont porté et pourtant… Cette décision rend désormais impossible toute expression de soutien d’une personne morale en faveur ou en défaveur d’un candidat. Faudra-t-il museler les associations, les artistes, les chefs d’entreprises… qui n’ont jamais cessé de soutenir par leurs propos, directement ou indirectement, de façon explicite ou implicite, tel ou tel ? Et d’influencer, dans une limite non quantifiable, les décisions des électeurs ? Est-ce que seuls pourront s’exprimer ceux qui soutiennent le pouvoir en place ?

Personne, ni parmi mes proches, ni parmi mes adversaires politiques ne pouvaient logiquement envisager un tel résultat. Cette décision ouvre la porte à des recours pour chaque élection puisque le nombre de voix d’écart était ici considérable. J’avoue que je suis encore sous le coup de la surprise.

Comme beaucoup, je m’interroge sur l’indépendance politique du Conseil Constitutionnel... Il semble bien que la machine UMP se soit mise en mise en marche.

Les Sages ont décidé de me rendre inéligible. Pendant 5 mois, j’ai fait mon devoir avec sincérité et courage. Je souhaite au député socialiste qui ne manquera pas de me succéder de continuer dans cette voie.

Aujourd’hui, j’appelle tous les électeurs qui se sont portés sur ma candidature à ne pas se laisser impressionner par cette décision à laquelle je me plie, en citoyenne respectueuse des institutions, mais qui est discutable. Je compte sur chacun d’entre eux pour porter haut et fort dans 3 mois la voix d’un contre-pouvoir au gouvernement de N. Sarkozy, à ses désirs de réformes anti-démocratiques et à ses mesures iniques.

Je remercie tous les amis, les sympathisants, les citoyens… qui ont cru et croient toujours que la liberté d’expression et la démocratie ne sont pas de vains mots. »